À l’heure québécoise

Matthieu

 

Et voila. On savait que le premier article qu’on écrirait du Canada serait spécial. On n’avait pas pensé qu’il le serait autant. On s’était imaginé le départ, notre arrivée, les premiers moments, les appels à la famille pour dire au revoir… Mais parfois la vie fait que tout ne se passe pas comme on l’avait imaginé.

Elle nous met face à des dilemmes dans lesquels les choix à faire nous brise le coeur. Un appel et tout est remis en cause. Rester, partir. Dans les deux cas, c’est une sorte de renoncement, un crève-coeur. Alors dans ce moment de tourmente, dans ce moment où l’on se sent perdu, il faut être forts et continuer à aller de l’avant. Où que l’on soit, on pense à nos proches et on sait qu’ils pensent à nous. On sait que quoi qu’il arrive, on peut rester en contact avec eux par tous les moyens possibles : mails, messenger, téléphone, et surtout par la pensée.

Rien ne remplacera une étreinte avec la famille. Mais pouvoir les entendre, pouvoir entendre qu’on a fait le bon choix –même si parfois, on se sent un peu égoïste, même si parfois on se sent coupable, même si souvent on culpabilise d’être partis – c’est déjà ça de pris !

C’est donc le coeur lourd, malgré les circonstances, qu’on a pris la décision de faire le grand saut. Quand même. Parce que ne pas modifier ce voyage, c’est aussi notre moyen à nous d’accepter. Continuer le chemin qu’on s’était tracé, mettre en oeuvre ce que l’on a mis tant de temps à bâtir.

On s’est donc levé lundi à 6h. On est arrivé à l’aéroport à 8h30. On a embarqué à 10h30. On s’est envolé à 11h. 3 grosses valises, une petite. Presque 80 kilos de bagages pour deux. Ajoutez à ça deux sacs à dos grands formats de près de 10 kilos chacun. Ça fait beaucoup, mais c’est ce qu’il nous fallait pour nous sentir quand même un peu chez nous en arrivant. Et pourtant, on en a fait des concessions ! 

Se faire accueillir à Montréal par la neige, ça n’a pas de prix. Enfin, d’abord par la douane et par l’immigration. 15 minutes montre en main entre la sortie de l’avion et la récupération des bagages (et du PVT, surtout !). On avait imaginé pire. Ils sont gentils les Québécois. Même les douaniers québécois ! Ils font la tête méchante, parce qu’il ne faut pas déconner, mais en vrai ils sont gentils.

On a eu la chance de voir une tête connue à notre arrivée pour nous amener jusqu’à notre AirBNB. Une ballade en voiture qui nous a permis de faire notre première rencontre avec Montréal. Des petites larmes, forcément. Car après tant d’attente et d’embuches, après un week-end difficile, on se retrouve devant ce que l’on a idéalisé toute notre vie et que l’on a préparé pendant plus d’un an. Surtout, c’est à ce moment là qu’on comprend que l’on ne s’est pas trompé.

Hier, on a passé notre première journée. On a fait notre NAS (40 minutes d’attentes, mais au moins on était au chaud), et surtout on s’est baladé. On a découvert le métro Montréalais, on a vu des bus jaunes, des escaliers extérieurs, on est allé faire nos courses à Metro, on a fait la queue pour le bus, on a failli glisser (enfin, Camille a failli glisser… déjà qu’elle glissait à Paris, ici c’est pas fini !), on est rentré dans le Montréal souterrain, un déneigeur nous a fait une blague, on a appris à comprendre comment fonctionnent les feux tricolores (et la petite main qui te dit stop), et plein d’autres choses encore.

Aujourd’hui les premiers entretiens, les visites d’apparts, la vraie vie qui commence dans la ville qu’on a choisie. Tout ça, ça fait du bien, même si on n’oublie rien. Et comme dit éternellement la devise Québécoise  « Je me souviens ».

À présent, c’est nous les Caribous !

Share: